Sous le pont Mirabeau coule la Seine
-Et nos amours
-Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine

-Vienne la nuit sonne l’heure
-Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
-Tandis que sous
-Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

-Vienne la nuit sonne l’heure
-Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante
-L’amour s’en va
-Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

-Vienne la nuit sonne l’heure
-Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
-Ni temps passé
-Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

-Vienne la nuit sonne l’heure
-Les jours s’en vont je demeure

 

dit Par Paul MANKIN

dit Par Jacques DUBY

dit par l’auteur

 

Guillaume APOLLINAIRE Alcools 1913)

© 1920 Éditions Gallimard